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Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...

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Entretien avec Bernard Coll, secrétaire général de Jeune Pied-Noir. 50 ANS APRES LES ACCORDS D’EVIAN : CENSURE D’ETAT !

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Entretien avec Bernard Coll, secrétaire général de Jeune Pied-Noir. 50 ANS APRES LES ACCORDS D’EVIAN : CENSURE D’ETAT !

AF - A la veille du 50e anniversaire des « Accords » d’Evian, comment expliquez-vous l’absence d’un vrai débat sur ce moment historique de la guerre d’Algérie ?

Bernard Coll – 50 ans après, l’Etat français se trouve toujours devant la même situation qu’en 1962.

Trahir ses nationaux pour maintenir la relation de complicité entre les Etats français et algérien créée par les « accords » d’Evian. Des accords qui n’avaient pour seul objectif que de permettre au général De Gaulle de disposer d’un cadre politique et juridique lui permettant de se débarrasser au plus vite du « boulet algérien ». Et cela, quelles qu’en soient les conséquences humaines pour les Français d’Algérie de toutes origines. Le « mensonge français » dénoncé en 2003 par Georges-Marc Benamou dans son ouvrage n’est, semble-t-il, pas prêt de cesser tant que l’Etat français est tenu par le FLN par le pacte du 19 mars 1962 scellé par le sang de 100.000 Harkis et de milliers de pieds-noirs et soldats français sacrifiés à la décision du général De Gaulle. Celui-ci, pour faire aboutir sa nouvelle politique d’indépendance de l’Algérie, décidée par lui seul, a dû commettre un crime d’Etat qui s’est accompagné d’un crime contre l’Humanité. Crimes que plus personne ne conteste puisque G-M Benamou a pu déclarer dans Paris-Match N°2841 du 30 octobre 2003 : « La France a jeté les harkis dans les basses-fosses de l’Histoire. Il y a eu 80.000 harkis morts. Paris a systématiquement entravé leur sauvetage. De Gaulle est bel est bien le complice d’un crime contre l’Humanité ». La Ligue des Droits de l’Homme vient même d’organiser un colloque international à Paris sur le thème : « La tragédie des Harkis : un crime contre l’Humanité ? ». Il est donc possible, comme le fait Jeune Pied-Noir depuis 1990, d’accuser publiquement le général De Gaulle du pire des crimes, celui de « crime contre l’Humanité », sans être poursuivi en justice par sa famille, ses proches ou les défenseurs de sa mémoire. C’est parce que, tout simplement, cela est désormais incontestable.

AF – Vous estimez donc qu’aujourd’hui les historiens, les journalistes, les hommes politiques disposent des preuves irréfutables de la responsabilité du général De Gaulle et qu’ils se taisent ?

Bernard Coll – Tout le monde dispose depuis la publication dans le journal Combat, dès avril 1962, des articles du professeur Maurice Allais, prix Nobel d’économie, puis, en juillet 1962, de son ouvrage « L’Algérie d’Evian » (Edition du Fuseau, 1962 – réédition JPN, 1999 avec une nouvelle préface de l’auteur), de l’ensemble des preuves de la politique criminelle du général De Gaulle. Le professeur Maurice Allais fut en effet la première des grandes personnalités françaises à avoir compris que les « Accords d’Evian » étaient des accords fictifs conduisant au « génocide », le mot est de lui, programmé des Français d’Algérie. Ce qui rend encore plus forte la démonstration scientifique et juridique du professeur Allais c’est qu’il n’était pas partisan de l’Algérie française. Mais simplement un homme juste, horrifié par les conséquences prévisibles des accords d’Evian. Des conséquences d’ailleurs annoncées par le général De Gaulle lui-même dans sa conférence de presse du 23 octobre 1958 : « Quelle hécatombe connaîtrait l’Algérie si nous étions assez stupides et assez lâches pour l’abandonner. » C’est pourtant ce qu’il fit. Les preuves ressortent aussi lors des procès des généraux qui se révoltèrent contre le parjure du Chef de l’Etat, notamment ceux des généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud, comme lors du procès du colonel Bastien-Thiry et des autres officiers fidèles à leurs engagements. D’autre part, les écrits de Georges Bidault ou de Jacques Soustelle comme les déclarations du Bachaga Boualam à l’Assemblée nationale, ou celles du maréchal Juin à la presse avaient largement informés l’opinion française dès 1962. Car, ce qui peut paraître paradoxal, malgré la censure de l’époque, la grande presse était alors plus libre qu’aujourd’hui. Ou, peut-être, certains journalistes étaient-ils plus courageux ? 50 ans après, les « révélations » de l’historien Jean-Jacques Jordi dans son ouvrage « Un silence d’Etat » (Soteca, 2012) ne font que confirmer par les archives officielles ce que tout le monde savait depuis 1962.

AF – Selon vous, que faut-il faire pour que la vérité soit enfin reconnue ?

Bernard Coll – Comme le disait Charles Péguy « Qui ne gueule pas la vérité, quand il la sait, se fait le complices des menteurs et des faussaires ». Nous portons tous à la fois une responsabilité individuelle et collective face à la vérité historique. Il appartient à chacun de dire et favoriser la connaissance de cette vérité autour de soi, comme vous le faites aujourd’hui. Il appartient aux responsables associatifs d’utiliser tous les moyens leur permettant de faire connaître cette vérité. En ce qui concerne Jeune Pied-Noir, nous menons depuis 3 ans, avec l’aide de 42 associations et 1600 donateurs, une campagne de presse dans les quotidiens Le Monde et Le Figaro qui en est à sa 11e annonce. Nous avons aussi réalisé, en coproduction avec l’ECPAD, un DVD « Harkis, les sacrifiés » (JPN, 19€ port compris) présentant les preuves des crimes commis contre nos compatriotes. Pour le 50e anniversaire du 19 mars 1962, nous organisons à Paris, dans un lieu prestigieux, un Colloque international virtuel — Internet, bien utilisé, peut devenir un excellent vecteur de la vérité historique — et réel à Paris, samedi 17 mars : « Les Accords d’Evian : crime d’Etat et/ou crime contre l’Humanité ? ». Les historiens, journalistes, parlementaires, intellectuels... ou simple Français désirant s’y associer peuvent nous contacter par téléphone au 06 80 21 78 54, par courrier à JPN – BP4 – 91570 Bièvres, ou encore par courriel à jeunepiednoir@wanadoo.fr. (Participation 50€, documentation comprise).

Propos recueillis par François Marcilhac - AF 2836

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