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Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...

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Qui sont les royalistes ? par Olivier Tournafond

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Les royalistes peuvent être considérés comme des antimodernes, mais non comme des passéistes. Ils adressent à la pensée dominante issue des Lumières trois critiques fondamentales :

 
- Une erreur philosophique de base. Celle-ci réside dans le matérialisme et le relativisme et qui conduit les penseurs officiels à ne prendre en compte que l’aspect quantitatif des phénomènes et non leur aspect qualitatif. Cette erreur fondamentale se double d’une contradiction interne dès lors que ceux que nous appelons par dérision les "démocrates", postulent le refus de toute hierarchie des valeurs ("tout se vaut") et affirment en même temps la supériorité de leur propre modèle.

 
- Une erreur de méthode. Les "démocrates" obéissant à la logique de la pensée révolutionnaire, adoptent une méthode dogmatique et rationaliste. Or le développement de la vie, l’expérience historique le prouve, se moque du dogmatisme et du rationalisme humain. Les démocrates sont donc pris au pièges par les effets pervers produits par leur propre idéologie rigide : par exemple trop d’impôts tue l’impôt ; trop de protection sociale détruit la protection sociale ; trop de liberté dissout la liberté, etc... Ils sont alors confrontés (et nous avec eux !) à des cercles vicieux qui sont autant de pièges diaboliques pour le pays.

 C’est pourquoi les royalistes, même s’ils ont une doctrine, rejette le dogmatisme idéologique des héritiers de la Révolution. Ils lui oppose "l’empirisme organisateur" qui condidère qu’il est absurde de chercher à enfermer le vivant dans un système. Les monarchistes proposent d’utiliser au contraire les tendances naturelles de la société pour mettre en place ce que les anglais appellent "le syndrôme vertueux paradoxal" : par exemple l’égoïsme du monarque l’amène à défendre son royaume et sa dynastie, donc ses propres sujets. Autre exemple, en permettant aux inégalités justes de se développer, on rétabli la confiance légitime de ceux qui souhaitent avant tout s’enrichir et du coup ces riches revienent investir en France.

 Les démocrates ne peuvent absolument pas comprendre la logique paradoxale que je viens d’exposer, car leur idéologie à caractère religieux leur interdit de prendre en compte le réel. Il choisissent ce qu’ils appellent eux "le rève" (voyez les récentes déclarations de François Hollande) et malheureusement ce rève se transforme à la fin en cauchemard, car les faits sont tétus disait Lénine...

 
- Enfin une erreur d’analyse socio-économique. On constate que les démocraties parlementaires sont hostiles à l’exercice patrimonial du pouvoir, que ce soit à travers la monarchie héréditaire ou à travers la démocratie directe à la Suisse, deux systèmes dans lesquels ceux qui prennent la décision politique en subissent les conséquences. Au contraire, les démocraties parlementaires reposent entièrement sur l’idée de représentation et de gestion à court terme. Les démocrates évidemment y trouvent leur compte, puisque c’est cela qui leur assure un pouvoir immédiat et sans avoir à en assumer les conséquences !     Or, comme l’a exposé Yvan Blot dans ses ouvrages, la sociologie comme la science économique ont montré que seul le propriétaire agissait dans une logique de long terme permettant de construire et de développer une civilisation. Le gestionnaire au contraire est tenté d’agir dans une logique de court terme, qui permet d’avoir "tout, tout de suite". Les conséquences sont évidemment dramatiques sur le plan intellectuel, économique, social et environnemental.

 Cette préférence systématique pour la satisfaction à court terme est en grande partie responsable de l’effondrement de la volonté politique et elle est responsable aussi d’une grande partie de nos problèmes contemporains.    Dès lors, le courant royaliste est essentiellement un courant qui cherche à diagnostiquer les erreurs intellectuelles qui ont conduit au déclin actuel des sociétés occidentales. Déclin qui n’est plus annoncé, comme il pouvait l’être dans les années 60,70, mais désormais bien réel : effondrement de la natalité, destruction du lien social, immigration de peuplement, corruption de l’élite, décomposition de la société, faillite financière de l’Etat, etc... Et le pire risque d’être à venir...

 Les royalistes sont des médecins expérimentaux. Ils observent le corps social et cherchent à trouver des remèdes dans les expériences du passé et les mécanismes du vivant. Les démocrates sont des charlatans, à la manière des médçins de Molière. Imbus de leur pouvoir, méprisant le réel, poursuivant une démarche anti-expérimentale et anti-scientifique, il administrent au corps social des remèdes totalement inapropriés et même nuisibles.    Cela étant, les monarchistes ne sont pas contre les mécanismes démocratiques dès lors qu’ils sont employés de manière utile et dans des limites raisonnables. Pas plus qu’un bon médecin n’est contre "a priori" les vitamines, les antibiotiques ou l’aspirine. Pour eux la démocratie est un instrument d’exercice du pouvoir parmi d’autres. Ils sont seulement contre ce que l’on pourrait appeler "le démocratisme" qui est l’idéologie du nombre et du nivellement.

Olivier Tournafond

PS : L’hérédité présente certainement de nombreux défauts et l’on conviendra sans peine que la dévolution successorale n’est ni logique, ni rationnelle, ni même juste au regard de nos conceptions contemporaines pétries d’individualisme.

Mais l’avantage de l’hérédité est qu’elle assure, sinon la compétence, du moins l’indépendance et une construction patrimoniale sur le long terme. Il y a de ce point de vue un parallèle à faire entre les régimes politiques et les entreprises.

Les entreprises familiales, et la monarchie est par définition une entreprise familiale, le capitaliste est un propriétaire qui cherche à faire fructifier ses bien pour lui est ses descendants. Actuellement ces entreprises familiales sont souvent prospères (par exemple Hermès) et assez respectueuses de leurs salariés, de leur savoir faire, également de leur outil de travail. Aussi de leurs traditions.

Les entreprises appartenant à des groupes internationaux anonymes sont gérées par des "managers" qui ressemblent beaucoup à nos hommes politiques élus. L’important pour eux est de dégager des profits à court terme et de garder le pouvoir pour s’enrichir vite. La gouvernance est abstraite et souvent inhumaine (délocalisation, dumping, etc...). Sur le papier ces managers sont les meilleurs ; ils sortent souvent d’écoles prestigieuses : l’ENA, HEC, Polytechnique, Centrale, etc...sans compter bien sûr les universités américaines. Mais dans la réalité ils obtiennent souvent de piètres résultats, parfois même ils conduisent à des désastres : Haberer, Messier, étaient de brillants gestionnaires avides d’argent et de pouvoir. DSK aussi est caractéristique de cette caste et on vient d’apprendre qu’il était désormais mis en examen pour "proxénétisme aggravé". Cela en dit long sur les "valeurs républicaines"... !

Le royaliste n’est pas dogmatique et fermé, à la différence du technocrate ou du démocrate. Il ne nie pas la supériorité abstraite du manager ; mais il considère que ce n’est là qu’un aspect parmi d’autres de la vie sociale et qu’il est impossible d’enfermer l’intelligence politique dans le carcan d’une évaluation académique.Il observe que dans la vie réelle le véritable capitaliste, le propriétaire ou le monarque ont une gestion finalement plus judicieuse et intelligente que le génial manager mégalomane.

Encore une fois, les royalistes prennent l’homme pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il devrait être.

Cela étant, il n’est évidemmenr pas question de tout soumettre à l’hérédité comme à l’époque féodale, mais de réserver une place à des légitimités politiques autres que la sempiternelle élection ou à la loi d’arain de la compétition permanente.

Quelqu’un a dit : la démocratie est une copropriété qui est dirigée par un syndic plus ou moins compétent et plus ou moins corrompu. Et parfois ce syndic de copropriété finit par devenir syndic de faillite...

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