Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...
Le premier tour de l’élection législative aura vu
l’échec cuisant de Mélenchon dit la Méluche chez nos amis poissonniers. Nous pourrions commenter son échec comme une rencontre manquée entre un bobo et des ouvriers. Mais cet aspect nous
intéresse moins que le parcours du candidat Mélenchon.
Passé des trotskistes au PS où il est resté près de trente ans, il y fut l’un des plus ardents défenseurs de l’UE et de Maastricht. Mes amis chevènementistes au PS à l’époque, me confirmaient que contrairement à ce que l’on pourrait croire de l’extérieur, la droite du PS (Strauss-Kahn, Fabius) ne s’emballait pas devant cette « avancée », alors qu’Emmanuelli, Aubry et Mélenchon s’avéraient extrêmement enthousiastes devant ce traité mortifère. Ce fut une raison du départ des chevènementistes : en effet, si la gauche du PS se révélait libérale, c’était sans doute qu’il fallait mener le combat ailleurs.
Une dizaine d’années après, Mélenchon comprit son erreur et mena campagne pour le non (de gauche seulement, hélas) à l’instauration d’une constitution européenne. Je pus le voir en meeting un an après en 2006, où il continuait sa campagne mais elle aboutit à un échec, à savoir la non candidature de Fabius.
Mélenchon aurait pu opter pour une candidature patriote à la Chevènement tenant compte des aspirations sociales du courant communiste. Mais son naturel lui a fait choisir une autre tactique. Grande gueule peu sympathique, multipliant les positionnements ambigus, notamment vis-à-vis des islamistes ainsi que les attaques gratuites contre Marine Le Pen, dont pourtant il reprend une bonne partie du programme économique, Mélenchon rentrera peut-être dans l’histoire. Mais pas pour ça. Il restera en effet comme le premier trotskiste ayant défendu le bilan de l’U.R.S.S (« Les communistes n’ont pas de sang jusqu’au coude ») ainsi que de ses satellites (« Cuba n’est pas une dictature . »). A l’A.F nous n’avons pas de sympathie pour Besancenot, Krivine ou Nathalie Artaud, mais nous devons reconnaître qu’eux-mêmes et leur courant politique ont toujours été critiques vis-à-vis de l’U.R.S.S dont ils n’ont jamais minimisé les crimes. Un pas important a été donc franchi avec Mélenchon qui espère faire une synthèse entre ces deux courants. Or elle est vouée à l’échec car les militants ont généralement plus de mémoire que les électeurs et considéreront ce positionnement comme une trahison.
Par delà l’(in)efficacité de ce discours, comment peut-on encore défendre, ce régime communiste, quand on ne risque plus rien à le critiquer ? Est-il juste de trouver toujours et encore des circonstances atténuantes aux crimes staliniens, léninistes et brejneviens ? Pourquoi sommes-nous le seul pays où le communisme est encore en odeur de sainteté, alors que le peuple ne vote plus pour lui, exception faite des élections locales ?
Pour toutes ces raisons, espérons que la candidature de Mélenchon, ne soit qu’un dernier sursaut de la bête immonde.
Cadichon