Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...
C’est L’Action Française qu’Amine Gemayel a choisie pour un entretien
exclusif après un long silence. Nous l’en remercions bien vivement !
Ancien président de la République libanaise, Amine Gemayel entend œuvrer « pour la préservation de la coexistence pacifique de toutes les communautés » du pays du Cèdre, dans un Orient qu’il juge « de plus en plus sectaire ».
Amine Gemayel entouré par SAR le prince Sixte-Henri de Bourbon Parme et par Me Élie Hatem
Le Proche-Orient en ébullition
Ancien président emblématique du Liban entre 1982 et 1988, président actuel du parti Kataëb fondé par son père en 1936 et dont la maxime est « Dieu, Patrie, Famille », Amine Gemayel incarne l’image du Liban et des Libanais qui, malgré leur souffrance intense et les drames qu’ils ont traversés, se redressent vertigineusement, tel le Cèdre éternel. Avant d’accéder à la magistrature suprême, Amine Gemayel avait perdu son frère, Béchir, élu président puis assassiné dans un attentat meurtrier en septembre 1982. Durant son mandat dur d’épreuves, celui-ci échappa à plusieurs tentatives d’assassinat. Le pays du Cèdre fut ensuite totalement occupé, manu militari, par Israël et la Syrie.
Celle-ci y instaura, à l’issue du mandat de Gemayel, un régime qui lui était inféodé poussant ce dernier à emprunter le chemin de l’exil. Installé à Paris, Amine Gemayel a poursuivi le combat pour la libération de son pays et renforcé les liens séculaires franco-libanais. En 1992, il a présidé le banquet annuel de l’Action française, l’occasion de rappeler ces liens qui unissent nos deux pays réels, français et libanais. Après le retrait de l’armée israélienne, en 2000, il est rentré au Liban. Six ans plus tard, son fils aîné, Pierre, élu d’abord député puis nommé ministre au sein du premier gouvernement libre, à l’issue du retrait des troupes d’occupation syriennes, a été assassiné à Beyrouth. Bravant toutes ces épreuves avec courage et la grâce de la foi, Amine Gemayel exprime la voix de la sagesse de l’équilibre nationaliste face au déséquilibre fanatique et fondamentaliste qui bouleverse le Proche-Orient et le monde arabe.
o L’Action Française 2000 – Comment qualifiez-vous les relations franco–libanaises ?
Amine Gemayel Les relations séculaires franco-libanaises datent de la monarchie. Au XIIIe siècle, le roi saint Louis accorda sa protection aux Maronites du Liban en les considérant comme « faisant partie de la nation française ». Cette déclaration futconfirmée par Louis XIV, au XVIIe siècle, et ne fut point remise en cause après la Révolution. Au XIXe siècle, Louis-Napoléon Bonaparte réaffirma ces liens. En vertu de cette amitié, à l’issue de la Première Guerre mondiale, une délégation conduite par le patriarche maronite de l’époque, Mgr Hoayek, dénommé alors « patriarche du Liban », s’était rendue en France participer à la conférence de paix de Versailles et demander à la France son aide pour restaurer les frontières du Liban, dont une partie a été amputée sous les Ottomans.
Cette intervention a porté ses fruits. La restauration de nos frontières a été proclamée par le général Gouraud, le 1er septembre 1920. Trois ans plus tard, la France nous a permis de nous doter d’une constitution inspirée de celle de la IIIe République qui était, comme vous le savez, destinée à la restauration de la monarchie en France. Ainsi donc, les Libanais, qui sont pour la plupart francophones, sont non seulement francophiles mais expriment une appartenance à la culture française et qualifient la France de « tendre mère » qui ne délaisse pas le pays du Cèdre.
o Qu’en est-il de ces relations de nos jours ? [...]
Propos recueillis par Elie Hatem - L’AF n° 2844 - Pour lire la suite