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Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...

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Ni l’un ni l’autre !

flag afEn votant à près de 7 millions pour la France d’abord, nos compatriotes ont permis à Marine Le Pen de réaliser un score historique tant en pourcentage qu’en nombre de voix — l’abstention avait été historique en 2002 alors que c’est la participation, en 2012, qui l’est...

Si, malheureusement, au soir du premier tour, la loi définie par Maurras, selon laquelle le suffrage universel est naturellement conservateur ...de l’existant, s’est encore vérifiée, puisque le second tour opposera, le 6 mai, Sarkhollande à Sarkhollande, néanmoins, le peuple français, en votant à 20 % — si on ajoute le résultat de Dupont-Aignan — contre l’UMPS a créé un heureuse surprise. Jamais une opposition frontale au système en place n’avait obtenu un tel résultat lors d’une élection présidentielle. C’est une source de satisfaction, la bonne nouvelle de la soirée du 22 avril. On ne peut certes qu’être étonné qu’il y ait encore 27 % des Français à avoir apporté leur bulletin de vote à Sarkozy, alors que le président sortant a non seulement trahi toutes ses promesses de 2007 mais également, comme aucun de ses prédécesseurs avant lui, avili la fonction de l’Etat et soumis notre défense et notre diplomatie au service d’une puissance étrangère tout en tentant de s’attaquer aux fondements de la société (aggravation du PACS, travail le dimanche, tentative de réforme du divorce, d’un statut du beau-parent, remise en cause de la politique familiale, déjà réduite à portion congrue, notamment en visant le congé parental, etc.) Ou plutôt on ne saurait s’étonner que si, précisément, on ignorait la loi politique ci-dessus évoquée. Non que les Français soient des veaux, comme le prétendait un délicat général : simplement l’opinion n’existe qu’informée et...déformée par un système médiatique et politique qui, en l’occurrence, n’a pas hésité sur les moyens. En présentant la paire de vrais-faux concurrents officiels comme déjà qualifiée pour le second tour, le système a verrouillé l’élection.

Nul doute que, pour faire la différence, Sarkozy cherchera à attirer l’électorat frontiste par des propositions “droitières”, tout en ménageant suffisamment un électorat centriste inquiet par l’influence possible de Mélenchon — au score toutefois décevant — sur Hollande. Sarkozy n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle — mais l’électeur frontiste risque cette fois de rester chez lui —, pas plus, du reste, que de faire oublier son hyperactivité, qui a fini par lasser la majorité des Français — pourquoi pas un débat avec Hollande chaque soir jusqu’au 6 mai ? Cela tient du pathologique...

Néanmoins, durant les jours qui ont précédé le scrutin, dans le camp national ou celui de conservateurs plus vrais que nature, certaines voix, peu audibles, ont appelé, au nom d’un suicidaire “vote utile”, qui n’a jamais servi ...qu’aux adversaires des idées nationales, à voter, « dès » le premier tour, pour Sarkozy, comme si voter Sarkozy pouvait avoir un sens, au premier comme au second tour, comme si le vote Sarkozy, au second comme au premier tour n’était pas un vote inutile, et donc nuisible, puisque tout ce qui affaiblit le vote patriotique est, par définition, contreproductif. Comme le rappelle Andrea Massari sur Polémia, à propos du vote utile, s’est-il jamais agi d’autre chose que d’ « Éviter le pire pour garder le mal ? » Et d’ajouter : « Les ressorts du vote en faveur des gouvernants UMP sont toujours les mêmes : éviter le pire. Au risque d’avoir installé dans la durée une situation qui n’a cessé de se dégrader au regard de l’identité nationale, de la sécurité publique, de la qualité de l’instruction, de la liberté d’expression, sans même parler des comptes publics : les deux tiers de l’endettement français étant dus à des gouvernements dits de droite et non de gauche. » Fermons le ban... non sans avoir auparavant rappelé que sur les questions sociétales, d’éducation et de liberté d’expression, en dépit de ce qu’assurent des aveugles conducteurs d’aveugles, c’est bien la droite libérale et non la gauche qui, depuis 1967, n’a cessé ou d’être à l’origine de toutes les dérives — libéralisation de la pilule, de l’avortement, loi liberticide de 1972, remise en cause de l’autorité de l’enseignant et “démocratisation” aussi mensongère que mortifère de l’enseignement avec le collège unique —, ou de les accompagner — aggravation du PACS avec remise en cause de la spécificité du mariage afin de conduire les esprits à l’acceptation de toutes les formes de “familles” ...comme s’il pouvait en exister plusieurs ! Quant au lundi de Pentecôte travaillé ou à la “libéralisation”, ou plutôt à la contrainte du travail le dimanche... merci à Raffarin, merci à Sarkozy, pour ces atteintes plus que symboliques à la spécificité chrétienne de la France comme à la cohésion familiale.

A peine les résultats connus, les mêmes “conservateurs” ou “nationaux” d’en appeler, le 6 mai, au vote Sarkozy... pour éviter, peut-être, l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées... ? A moins qu’il ne s’agisse — nous ne sommes plus en 1981 — de la prolifération des gay prides. C’est alors peine perdue : sous le quinquennat de Sarkozy elles ont proliféré dans toute la France. Quelle petite ville n’a pas aujourd’hui sa marche des fiertés (sic) parrainée par les jeunes de l’UMP ? Il est vrai que se pose également la grave question de la haine de Hollande envers les riches...

Tout ce qui confortera l’actuel pays légal, coupé du pays réel, indifférent au souci même de l’indépendance de la patrie, voire à toute idée de nation, sera préjudiciable à l’avenir du pays. Compte tenu des vices inhérents au régime républicain, à partir du moment où nous avons le pire, à savoir le duel Sarkhollande vs Sarkhollande, renforcer ce faux dualisme nuirait à la France. L’imposture étouffe le pays, surtout celle d’une droite libérale rempart contre le pire. Nous ne saurions évidemment souhaiter la victoire de François Hollande, mais nous ne saurions non plus regretter la défaite de Nicolas Sarkozy, surtout si celle-ci permet une recomposition du paysage politique français.

Déjà en 2007, l’Action française avait refusé de choisir entre Sarkozy et Royal. En 2012 plus encore, pour un patriote, pour un “conservateur”, appeler à voter au second tour pour l’un contre l’autre témoigne d’une rare cécité.

 

François Marcilhac, directeur politique du site de l’Action Française

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