Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...
Par Pierre Marchand *
François Hollande a beau voyager en jet privé, il n’aura pas droit à un atterrissage politique en douceur. Au PS, l’affaire Bayrou (tranchée par la Première secrétaire du parti) et l’affaire Dray (décrété indésirable par la première journaliste de France) auront peut-être révélé en moins de 48 heures tout un pan de l’imposture démocratique : le pouvoir politique pontifie pendant que les partis et les médias font la pluie et le beau temps… quand ce n’est pas l’Union Européenne.
En condamnant en effet la France à reverser 4 milliards d’euros à des fonds étrangers (en raison d’une règle fiscale française constituant une entrave à la libre concurrence), elle a démontré l’hypocrisie de ceux qui ont prôné un certain patriotisme économique sans remise en cause de la construction européenne. Mais de la construction à l’effondrement, il n’y a qu’un pas, qui pourrait bien être franchi sous le mandat de François Hollande. Dès le lendemain de l’élection en effet, l’actualité reprenait ses droits avec la crise politique en Grèce, nouveau chapitre d’une descente aux enfers qui devrait la voir sortir assez rapidement de la zone euro, mais aussi avec l’Espagne, forcée de recapitaliser massivement plusieurs banques. Il est vrai qu’on a moins entendu parler de l’Irlande. Et pourtant, le 31 mai y aura lieu le referendum sur le pacte budgétaire européen. Même si l’issue sera probablement positive, les refus exprimés pour les précédents traités donnent quelques sueurs aux institutions européennes, qui promettent l’arrêt des aides financières à l’Irlande en cas de rejet. Une incitation aux allures bien soviétiques… Et ce n’est pas la seule ressemblance. En cas de non-respect des critères du Traité par un État membre, la Cour de Justice Européenne pourra prendre des mesures budgétaires contraignantes pour l’État concerné et infliger des amendes allant jusqu’à 0,1% du PIB, soit 2 Mds € pour la France. Après la tutelle monétaire, la tutelle budgétaire. La tutelle politique suivra ! Les premiers mois de sa présidence nous dirons donc si François Hollande fait preuve d’autant de zèle que son prédécesseur pour tenter de sauver l’euro. Nous en sommes convaincus, à tel point que nous nous demandons encore si, dans le slogan de campagne du candidat socialiste - « Le changement c’est maintenant », maintenant doit être compris comme un adverbe ou comme le participe présent du verbe maintenir. Changement de tête, de style peut-être, de parti il faut le croire, mais maintient d’une politique générale résolument européiste. [...]
Pierre Marchand est rédacteur à L’AF 2000, spécialiste des questions économiques - Pour lire la suite...