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Le blog d'Action Française - Reims. Articles de l'AF et des restes du monde...

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Entretien avec Sylvain Roussillon

flag afTout d’abord comment en es-tu venu toi militant d’extrême-gauche à militer à l’AF ? Quelle fut ta rencontre avec le mouvement ?

Mon engagement à l'extrême-gauche fut dans une large mesure réactif et conjoncturel. A 14 ans, au sein d'un groupuscule libertaire local, le Groupe des Etudiants Révolutionnaires (GER) -la période foisonnait, à droite comme à gauche, de petits groupes politiques locaux-, mon engagement aurait pu se résumer à une révolte contre l'ordre établi, un ordre incarné à mon niveau par les enseignants. Cet engagement précoce et diffus m'a au moins donné le goût de la lecture des textes et essais politiques, m'a donné l'occasion de commencer à mettre des mots et des définitions sur des impressions, et des noms propres sur ces mots et définitions. J'avais 16 ans lors de la grande grève de la faim des prisonniers catholiques irlandais de l'IRA. Accessoirement, c'est aussi cette année là que la gauche a remporté les élections en France. La situation en Irlande du Nord m'a fasciné, bouleversé. A l'époque l'extrême-gauche trotskiste était omniprésente à la sortie des lycées. A Dijon par exemple, une concurrence assez rude opposait le PCI à LO et à la LCR. L'organisation de jeunesse de ces derniers, la JCR (Jeunesse Communiste Révolutionnaire), fut à ce moment la seule à militer et communiquer sur la situation irlandaise. C'est ainsi que j'ai rejoint ce mouvement et que je me suis retrouvé à vendre "Barricade" à la criée. Le seul "hic" entre eux et moi, c'est que là où ils voyaient dans la résistance irlandaise une simple forme de lutte des classes, j'y voyais moi l'expression d'un combat national anti-britannique. J'avais en effet toujours conservé, au fond de moi, un attachement diffus à la notion de patrie charnelle. Je me revendiquais assez volontiers d'un certain jacobinisme révolutionnaire, très teinté de patriotisme. L'internationalisme affiché des trotskistes a assez rapidement heurté ce sentiment -car il ne s'agissait que d'un sentiment- et m'a éloigné d'eux. J'y avais cependant retenu l'idée, propre à ce courant là du trotskisme de « front secondaire » et de la stratégie « gramsciste » de conquête du pouvoir.

Ma rencontre avec l’AF fut assez étrange. J’ai entendu parler de ce mouvement une première fois lors de la lecture d’un article d’histoire consacré au 6 février 1934, puis ensuite lors d’une émission sur « France Culture ». Le ton de l’article comme de l’émission n’était pas forcément très enthousiaste, mais pas non plus complètement négatif… J’ai eu envie d’en savoir plus. Je me suis acheté un petit bouquin sur le royalisme publié dans la collection « Que sais-je ? ». L’AF y était présentée de manière très condescendante, mais le livre signalait que ce mouvement existait encore et qu’il disposait même d’un journal, « Aspects de la France » (à l’époque). Il a fallu que je fasse une bonne demi douzaine de marchands de journaux à la sortie du lycée avant d’en trouver un exemplaire. J’ai acheté le journal pendant quelques semaines. Il mentionnait une permanence à Dijon, une fois par mois, dans une brasserie (« le 3ème samedi de chaque mois … »). Je m’y suis rendu et j’ai trouvé quatre vieux messieurs, sont aucun n’habitait même en Côte d’Or, qui venait une fois par mois boire deux ou trois picon-bières tout en se rappelant des souvenirs d’un autre âge et en conservant avec infiniment de loyauté un flambeau bien éteint… Je pense qu’ils ont été très surpris de me voir arriver et de me voir rester (surtout…). J’ai demandé un bulletin d’adhésion, que j’ai rempli devant eux, et ils m’ont nommé responsable des jeunes de la section de Dijon. J’ai été un peu surpris par cette nomination éclaire… Je n’ai compris que quelques jours plus tard que j’étais non seulement le seul « jeune d’AF » de Dijon, mais encore le seul adhérent du département… je n’ai plus revu ces braves vieux messieurs.

J’ai commandé des journaux au siège (25 exemplaires par semaine) que j’ai commencé à vendre seul à la criée (sorties d’Eglise, marché, sortie de mon lycée), des affiches et des autocollants, que je collais seul aussi. J’ai adhéré à l’UNI, puis j’ai négocié une petite sous-location avec eux tous les mercredis après-midi pour y tenir une permanence puis un cercle d’études, j’ai rameuté des gens… Je me souviens par exemple que dans ma classe on m’avait parlé d’un type, dans une autre terminale qui était « très à droite »… je suis allé le voir lors d’un interclasse et je me suis présenté : « responsable dijonnais pour l’AF, je fais une réunion mercredi prochain, est-ce que ça t’intéresserait de venir ?... ». Et comme je ne me cachais pas, d’autres sont venus spontanément me voir. C’est comme ça que j’ai constitué mon premier noyau. Mais bien évidemment je me suis grillé dans mon lycée (enfin pas complètement d’ailleurs, mon propre prof de philo en est venu à m’acheter régulièrement « Aspects » et un des pions est venu me proposer de me couvrir lors de mes « absences militantes ») et auprès de plein de gens que je connaissais… mais l’engagement politique est fait de choix, non ?

.Ensuite comment avez-vous fait pour que votre section dijonnaise atteigne un tel essor ? Une “recette spéciale” (j’ai conscience que l’expression est en partie inapproprié) dans le militantisme ? Je pose cette question car peut-être que nous pourrions essayer de tirer des leçon nous les petits jeunes actuels !

Désolé, mais je ne sais pas s’il y a une recette magique. D’autant que les époques changent…

Mais je dirais que cette réussite a été le fruit d’un gros travail militant, presque quotidien. J’ai retrouvé quelques comptes-rendus militants de l’époque, et il ne se passait pratiquement pas une semaine sans qu’il y ait un tractage, pas un mois sans un collage massif, un à deux cercles d’études hebdomadaires et autant de ventes à la criée. Sans compté le travail que nous donnais la rédaction et l’impression du « Feu-Follet » notre journal étudiant puis ensuite de notre journal lycéen « Insurrection ».

Aujourd’hui il y a le net pour se faire connaître et exister, et c’est un excellent outil. Malheureusement, c’est un outil « passif » puisque seuls vous consultent ceux que vous intéressez. Quitte à paraître ringard (mais j’assume…), les tractages, les ventes à la criée (même si je les trouvais très chiantes) et les collages (ou bombages) étaient un militantisme « actif » qui permettait d’aller chercher les gens.

Par ailleurs, et c’est une pratique que nous avons généralisée ensuite, les militants, quelles que soient leurs titres et fonctions, étaient astreints à toutes les tâches militantes, action aussi bien que réflexion.

Enfin, l’argent étant souvent un frein puissant, nous avions institué à Dijon une sorte « d’impôt militant ». Par exemple, les jeunes salariés versaient entre 1 et 3% de leur salaire net, les étudiants reversaient 5 à 10% de leur salaire de jobs étudiants…

Le secret, si secret il y avait, résidait dans le fait que, malgré cette discipline, nous restions très curieux d’esprit, fondamentalement contestataire et anti-conformiste.

 

. Pourrais-tu expliquer à nous autres néophytes à peine nés ou même pas conçu ce que furent l’affaire Scorcese, l’attaque contre JF Kahn ? On parles énormément de la Jeanne Interdite, de l’affaire Delavault et un peu de Boudarel mais pas des autres actions !

L’affaire Scorcese est née de la sortie du film « La dernière tentation du Christ » de Scorcese à l’automne 1988. Les milieux cathos, et les militants cathos d’AF (la majorité) y ont vu un blasphème, une atteinte à leur Foi. Pour les autres, agnostiques et athées, nous y avons vu une formidable opportunité pour aguerrir notre appareil militant. Nous avons choisi d’attaquer en deux axes stratégiques : un premier axe qui consistait à forger nos équipes lors de manifs de rue, un autre qui consistait à multiplier les attaques commandos.

C’est ainsi que, durant cet automne, nous avons profité d’une soirée de prières et de protestations menée par des tradis à l’Odéon. Ils étaient bien un millier à prier devant le cinéma protégé par un important dispositif policier. Notre embryon de SO (qui deviendrait plus tard le SOC –Service d’Ordre Central) était disséminé dans cette foule. L’AFE (60 à 70 militants présents ce soir là) devait attaquer sur l’aile gauche, tandis que l’AFL (une 30aine de militants), que je venais de créer et dont c’était la première « sortie » devait se contenter de faire diversion sur l’aile droite. Or, c’est sur cette aile qu’ont éclaté les premiers affrontement et ce sont les lycéens de l’AFL qui ont subit la première charge des CRS. Cela a précipité l’intervention du SO et deux cocktails molotov ont été lancés sur les forces de l’ordre, incendiant au passage un camion de télé. Nous avons profité du désarroi pour mener avec l’AFL une contre-charge qui nous a permis de dégager quelques un de nos lycéens en difficulté ; puis les étudiants ont attaqué à leur tour sur l’aile gauche. Après plusieurs longues minutes d’affrontements, nous nous sommes repliés en ordre en direction des locaux.

Concernant les actions commandos, nous avions décidé de frapper au porte-feuille des sociétés exploitantes. Des opérations comme celle de l’Odéon faisaient de la publicité au film même si elle nous servait aussi à nous structurer. Mais la multiplication de petites actions nombreuses avait un impact plus fort. Un écran de salle de cinéma coûte très cher et il doit rester immaculé. Nos militants, dissimulant sur eux un ou deux œufs vidés et remplis d’encre de chine prenaient par deux ou trois des entrées pour les salles diffusant le film de Scorcese et balançait leurs projectiles. L’encre de chine est pratiquement indélébile sur de telles surfaces. Au bout de deux semaines, le film a commencé à disparaître des affiches des salles, et pas seulement parce que le public commençait à décliner. Bien sûr, comme à l’époque, je ne sais rien de l’incendie du cinéma St Michel.

L’attaque contre les soirées de l’Evénement du Jeudi date du printemps 1988. il ne s’agissait pas de notre première action, mais de la première action préparée avec méthode (étude des plan, mise au point d’un système pour bloquer l’arrivée de la police, consignes précises avec schéma de replis). Je ne sais plus précisément pourquoi nous avions ciblé l’EdJ et JFK, mais je crois me souvenir que cela relevait plus de l’alibi. Là aussi, nous utilisions une situation pour forger notre appareil militant. Bien sûr, il y a eu beaucoup d’autres opérations, parfois subie, comme la « bataille de la gare St Lazare » ou organisée comme la descente contre l’Agence du sang au moment du scandale du sang contaminé. Je pourrait aussi citer l’attaque de l’ambassade de Nouvelle-Zélande après la campagne anti-française qui avait suivi l’un de nos essais nucléaires, la reconquête du marché de Buci, la mobilisation pour les élections universitaires à Nanterre, la descente contre les stands vendant des souvenirs révolutionnaires sur le pont des Arts, etc. En dehors des « grandes » affaires que tu évoques, il y avait très souvent de plus petites mobilisations, parfois spectaculaires, parfois moins…

 

..Qu'est-ce que les attaques lancées contre une émission de Polack ?

Michel Polac animait à l’époque une émission très polémique et provocatrice qui s’appelait « Droit de Réponse ». Je ne sais plus très bien pour quelle raison, mais il a été décidé de tenter d’intervenir sur son plateau TV en 1987. Il y a eu des heurts très durs avec les vigiles, l’émission a été interrompue quelques minutes avant de reprendre. Cela nous a surtout convaincu qu’il fallait dorénavant que nous agissions en préparant nos « coups » et pas seulement en improvisant joyeusement.

 

.Tu viens de mentionner la bataille de la gare Saint Lazare, qu’est-ce donc ?

La "bataille de la gare St Lazare" se situe dans le courant de l'année 90. Nous y avions une vente hebdomadaire (tous les mercredis). Nos vendeurs sur place nous ont un jour signalé qu'il y avait eu un incident avec une bande genre alternatifs/scalpeurs/punks/redskins. Nos vendeurs avaient du se retirer, sans perte, mais partir tout de même. le mercredi suivant, même scenario, avec une dose d'agressivité en plus de la bande en question et des propos du style "Qu'on ne vous revoie pas ! Pas de liberté pour les fachos !..." et autres amabilités.

Une petite équipe du SO s'est donc rendue, le mercredi d'après sur le lieu de la vente (le parvis). Les incidents ont recommencé, et très vite dégénéré. Coups, charges et contre-charges, et pour finir, échanges de coups de feu (des deux côtés), grenaille et balles plastiques. Nos mecs étaient une douzaine, les 5 du SO compris, contre 20 à 25 types en face.

Le mercredi qui a suivi, nous nous attendions à une mobilisation plus importante contre nous. Et effectivement, il y avait près de 50/60 types, toujours de cette même mouvance alternatifs/autonomes qui traînaient sur le parvis. Nous étions une petite trentaine. Les responsables du SO n'ont pas voulu que nous intervenions sur le parvis. Nous sommes passés par la gare. Là, nous nous sommes montrés afin de les attirer à l'intérieur. En face à face, en terrain ouvert, nos chances étaient plus réduites. En lieu clos, rempli de monde, nous reprenions l'avantage d'autant que les looks de nos adversaires les différenciaient bien des autres passants alors que la plupart d'entre nous pouvaient se fondre dans la foule.

Nos adversaires se sont engouffrés dans le hall de la gare, et de premières échauffourées ont éclaté. Je me souviens de m'être retrouvé face à un Red armé d'un cran d'arrêt, portant un gros badge anar, tandis que je n'avais que mon casque. j'ai été dégagé par le patron du SO, Guytos. la situation était très confuse, les alternatifs/autonomes restaient pour l'essentiel groupés alors que nous étions nous très dispersés. C'est alors que Jean-Louis G (du CJB Paris 2) a crié "Action française ! Action Française ! ". Ce slogan a fait l'effet d'un électrochoc. Nous avons tous repris le cri, qui résonnait et se répercutait dans le hall de la gare donnant l'impression que nous étions très nombreux et partout. Et nous avons donné l'assaut au groupe compact de nos 50/60 adversaires. Ceux-ci semblaient soudainement tétanisés. Nous avons fait volé leur groupe en éclat, certains se sont fait sécher sur place, d'autre se sont enfuis, parfois mal... je me souviens que le Red armé d'un couteau qui m'avait menacé s'est enfui pile dans ma direction et que je l'ai littéralement assommé d'un coup de casque. En quelques secondes, tout était joué. Leur groupe était dispersé, en fuite, nous restions maîtres du terrain.

Le mercredi suivant, rien. Celui d'après, rien non plus (notre SO continuait à surveiller la vente). Nous apercevions parfois quelques uns de nos adversaires qui passaient, en nous contournant de loin (leur local était dans les parages). Il n'y a plus eu d'incidents notables sur ce point de vente.
Voilà...

 

. Quels étaient les ennemis de l’époque et vos relations avec les autres mouvements nationalistes (GUD, FNJ, etc etc) ? En effet quand on lit le torchon “les rats maudits” du GUD où ils ont une attitude très dédaigneuse on est en droit de se poser la question !

Nos adversaires étaient à l’extrême-gauche : trots, anars, redskins, membres du SCALP... Lors des opérations importantes, c’était aux forces de l’ordre que nous avions à faire et c’étaient elles qui constituaient notre second adversaire principal. Nous avions initialement de bon rapport avec le GUD (Rolland B, les frères C, « Petit-Jean », etc). Nous nous retrouvions même parfois près d’Assas pour boire un verre ou discuter un moment. Les tensions sont venues plus tard, avec leurs successeurs. Je pense qu’il y a eu de leur part une forme de jalousie. Tandis que que nous nous développions, ils restaient enfermés dans Assas. Nous avions peu de rapport avec le FN qui était peu présent en facs ou dans les lycées. Nous avons eu quelques contacts avec le MNR de Malliarakis. Ce dernier nous aimait bien et appréciait notre esprit, idem pour son bras droit, Bertrand B. En réalité, il y a peu à dire. Nous ne fréquentions pas l’Oeuvre Française, le MNR-TV vivait au rythme des engouements et des rejets de Mallia, le FN poursuivait sa longue pénétration de la vie publique, le GUD ne sortait d’Assas que pour aller se fritter ici ou là.

 

. A propos de Boudarel, pourquoi le GUD affirme-t-il que l’AF avait passé une alliance avec des antifas pour les empêcher de manifester ? Alors que c’est l’AF qui mène surtout le cortège.

Je l’ignore. Je ne peux que suggérer trois hypothèses : soit le GUD n’a pas toutes les informations utiles, soit les auteurs de cette rumeurs abusent trop souvent de substances illicites, soit ils sont de mauvaises foi. Mais je ne peux raisonnablement envisager les deux dernières solutions…

Pour être sérieux, nous n’avons interdit à personne de manifester contre Boudarel dans une manifestation dont nous étions les organisateurs sur le terrain mais aussi auprès de la Préfecture. C’était donc une manif d’AF. Mais nous n’avons refusé ou interdit personne. Quand à cette pseudo alliance, elle ne résiste pas à l’analyse des faits. La manif anti-Boudarel est précédée de violentes descentes (de notre part, et de notre part seulement) dans la fac de Jussieu (une, deux parfois trois attaques par jour !), le jour de la manif, nous savons, car nous avons infiltré des militantes au sein du comité de vigilance anti-fasciste de Jussieu (comme nous le ferons plus tard à la Sorbonne) combien sont les bolches et ce dont ils disposent. Ils sont environ 200 sur le toit de la tour de Jussieu, armés de boulons, de billes d’acier et de bouteilles d’acides. En bas les forces de l’ordre ont mis en place un dispositif impressionnant avec même un véhicule anti-émeute à canon à eau. La question s’est rapidement posée de la suite à donner à cette manif. Devions-nous déclencher l’assaut contre Jussieu ? Nos responsables SOC pensaient que nous serions passés, mais ils ne nous cachaient pas que les combats seraient ensuite très durs dans la tour puisque nos meilleurs éléments seraient sûrement déjà hors de combat après la charge contre les forces de l’ordre. Nous risquions donc au mieux une victoire à la Pyrrhus en laissant dans l’affaire nos forces vives, et au pire une défaite par épuisement dans les derniers affrontements. Par ailleurs, nous savions que des commandos d’extrême-gauche infestaient les rues adjacentes. Nous courrions le risque d’être assaillis sur nos flancs pendant l’assaut. Nicolas P et moi-même avons donc pris la décision de stopper la manif après les prises de parole. D’ailleurs, l’essentiel n’était-il pas atteint ? L’appareil militaire des bolches était en lambeau, Boudarel, à la suite de nos attaques des jours précédents avait été exfiltré de la fac (pendant un assaut) et n’enseignait plus, nous venions de faire défiler, en plein quartier latin, plusieurs milliers de monarchistes et de nationaux, choses qui n’était plus arrivée depuis plus de 20 ans ?... Il n’y a aucune trace d’accord avec personne là-dedans. D’ailleurs le fait que, moins d’une semaine après, je me sois fait « lyncher » par un commandos de bolches dans le métro Palais Royal montre bien qui étaient les ennemis de qui.

Si le GUD voulait se joindre à la manif, il le pouvait, s’il voulait défiler seul, c’était son affaire. Mais s’il s’agit de justifier a posteriori sa propre impuissance, c’est encore autre chose…

 

. Aurais-tu des souvenirs de bagarres à nous narrer ?

Oui… Mais… Difficile de faire un choix. Cela va du truc cocasse voire marrant au truc vraiment hard…

 

 .Penses-tu qu'un jour des anciens ou peut-être toi écriront un livre sur cette époque ? As-tu un nouveau projet d'écriture après ton livre sur les Brigades Internationales de Franco ?

J’aimerais le faire un jour… De part mes fonctions et mon ancienneté au sein du mouvement à l’époque j’ai pu avoir un bon regard d’ensemble sur ce qui s’y est passé.

Et oui, j’ai d’autres projets d’écriture. Histoire et/ou politique. Entre autre chose, je songe sérieusement à créer une revue monarchiste.


Un dernier mot pour la nouvelle génération de militant d'AF, encouragements, avertissements ?

Heureux qui fume Lucky Strike… Non, plus sérieusement, souvenez-vous toujours de cette phrase que vous aînés (dont moi…) ont trop répété mais pas assez appliqué : « Notre force est d’avoir raison ».

 

 

 

Entretien réalisé par Wenceslas de Chandernagore pour l'Action Française Etudiante.


Toute l'équipe du Blog de l'AFE tient à remercier chaleureusement Sylvain Roussillon d'avoir consacré du temps à cette interview ! Elle permettra nous l'espérons à nos plus jeunes militants de connaitre une grande époque de l'AF, pour cela cet entretien doit ce lire en complément de celui déjà parut sur la "Génération Maurras". Vous trouverez dans cet entretien des précisions et des compléments ainsi que des réponses aux rumeurs lancées par quelques mouvements groupusculaires et crépusculaires.

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